Saisir Venise

Carnet de navigation no. 17

Venise

 

Au-delà de la représentation que nous nous faisons d’elle

 

 

 

 

Quand je me suis installée à Venise pour une semaine, en octobre 2015, j’arrivais de Florence, complètement étourdie. Je n’avais plus aucune envie de mettre le pied dans une église ni même un musée. J’avais attrapé dans la ville toscane le syndrome de Stendhal et je devais me soigner. Venise allait donc être mon île de la quarantaine.

J’avais invité Sandrine de Borman, artiste belge, à venir me rejoindre, lui proposant un projet commun autour des canaux. Nous avons flâné dans les calli, marché la ville-labyrinthe à nous perdre, rebroussé chemin devant un canal sans pont, marché encore la ville jusqu’à nous retrouver. Comme le dit Nicoletta Salomon dans Venise engloutie : « Le labyrinthe vénitien de pierre et d’eau nous procure le bonheur de ne pas devoir aller nécessairement quelque part. » Remède parfait pour me soigner.

À force de déambuler dans la Sérénissime, nous avons réalisé que la ville se dérobait aux
nombreux touristes qui pensent pourtant la saisir. Cité du rêve, ville-carte postale, elle attire et offre la façade de ses palais aux photographes qui circulent sur les canaux, mais ses portes restent fermées, à moins de se ruiner pour les ouvrir.

Pour découvrir Venise, il faut être riche. Ou bien géopoéticien. Nous avons donc décidé d’approcher Venise, d’entrer dans son intimité, en vagabondant et en nous en éloignant un peu. Comme Sandrine travaille à partir du végétal, nous sommes allées déambuler dans les îles de la lagune où nous avions plus de chance de croiser la fleur et l’arbre. Nous avons découvert que les îles alentour offraient un point de vue unique sur la Sérénissime et s’inscrivaient en dialogue avec elle. C’est cette double expérience, du labyrinthe et des îles, que nous avons souhaité partager en organisant cet atelier.

Roxanne Lajoie

 

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