
Le toit du monde dérive sur une mer
soleil-noir
Je me hisse le long de son reflet escarpé,
cueille un sommet qui s’évanouit
Des lances de lumière se projettent
sur la proue du navire qui fend
mes doigts gelés
Mon corps-lune
dans l’attraction de la montagne immobile
Les yeux empalés sur son blanc
ses pics profanant la mémoire
au fond d’un fjord décrocher
l’étoile d’une géographie oubliée
Sur la banquise sucre-glace
trois phoques crabiers et six Adélies
veillent l’enfance de la planète
A quoi bon voler ou nager ? Avaler eau ou air ?
Il suffit de glisser sur l’océan-ciel et la liberté,
de plonger dedans !
Assourdi par des avalanches de silence,
notre écho, premier volcan
Je suis passée de l’autre côté d’un miroir à six branches
des étoiles incrustent mes grains de peau
On peut tomber en amour pour une Montagne
Celle-ci reflète un quelque chose de toi
un regard névé tendre et triste
un tambour sous des racines océan
un souffle qui m’attire
Ile Alexander 1st –
je danse sous les flocons
qui tombent par mes yeux
Daphné Buiron